Saineikan Enbu 1941 – La Démonstration Impériale d’Aïkido


En 1941, Morihei Ueshiba présenta un Enbu spécial pour la famille impériale au sein du célèbre Saineikan, le dojo de la Garde impériale, situé dans le Kōkyo, le domaine du Palais impérial de Tokyo. Ce fut l’un des moments clés de l’aïkido d’avant-guerre

par SIMONE CHIERCHINI 

Dix ans après l’inauguration de son premier dojo à Tokyo, le Kobukan Dojo (皇武館道場) ou Lieu d’entraînement du guerrier impérial, Morihei Ueshiba était en mesure de présenter son nouvel art martial au sein du Palais impérial, en présence de la Famille impériale. Dans cet essai, nous allons examiner les lieux et gens liés à cet important évènement de l’histoire de l’aïkido.

Le Palais impérial de Tokyo et la Famille impériale

Le Kōkyo (皇居), ou « Résidence impériale », est la résidence officielle de l’Empereur du Japon et de sa Maison. Il est situé dans un grand parc du district tokyoïte de Chiyoda, et comprends le Kyūden (宮殿), palais principal de l’Empereur, les quartiers propres de la Famille impériale et un ensemble de bâtiments administratifs, culturels et religieux [1][11]. La superficie du Kōkyo est de 3,41 km2 (ou 1,32 miles carrés), un tiers de celle du parc de Versailles, mais comparable à la superficie du Central Park new-yorkais. En 1990, il fut considéré que la valeur immobilière réelle de la résidence impériale était peu ou prou identique à celle de la Californie toute entière [3].

Vue aérienne de la Résidence impériale

Il fut bâti en octobre 1868, sur une partie du site qu’occupait l’ancien château d’Edo. Ce dernier avait été libéré par le Shogun Yoshinobu Tokugawa et ses partisans après la fin du Shogunat et le début de la restauration Meiji, lorsque l’empereur Meiji déplaça sa cour du Palais impérial du Kyoto à Tokyo [2].

Le château d’Edo fut brûlé jusqu’à ses fondations par un incendie en 1873. La nouvelle Résidence impériale fut rebâtie en 1888 et réalisée dans un mélange d’éléments architecturaux japonais et européens typiques de cette période. A l’exception de l’Agence de la Maison Impériale et des jardins est, la Résidence impériale est normalement fermée au public [11].

La Famille impériale au moment de la démonstration au Saineikan : Hirohito, Kojun, Yasuito, Nobuhito et Takahito

Lors de l’évènement qui nous intéresse, les personnalités principales de la Famille impériale sont :

  • Hirohito (裕仁), règne depuis le 25 décembre 1926 sous le nom d’empereur Shōwa (昭和), nom de l’ère correspondant à ce règne [4].
  • L’impératrice Kōjun (香淳皇后), née princesse Nagako, épouse d’Hirohito et mère d’Akihito (明仁), futur Empereur Heisei [4].
  • Yasuhito – Prince Chichibu (秩父宮雍仁親王), second fils de l’empereur Taishō (Yoshihito), frère cadet de l’empereur Shōwa (Hirohito) et général dans l’Armée impériale japonaise [4].
  • Nobuhito – Prince Takamatsu (高松宮宣仁親王), troisième fils de l’Empereur Taishō, autre frère cadet de l’empereur Shōwa. Le prince Takamatsu étudia à l’Académie navale impériale [4], où Morihei Ueshiba enseignait le Budo comme matière obligatoire.
  • Takahito – Prince Mikasa (三笠宮崇仁親王), quatrième et dernier fils de l’empereur Taishō.

Le dojo Saineikan

Le dojo Saineikan se situe dans les jardins est, la zone où la plupart des bâtiments administratifs sont situés. Le terme Saineikan est composé de sainei, utilisé dans les écrits de Confucius pour désigner un caractère noble, et kan, ou lieu. Il fut créé en 1881 par la Garde impériale (Kōgū-Keisatsu) comme une sorte de promotion anticipée des arts martiaux. Il fut l’endroit où les premiers tournois modernes d’arts martiaux se sont tenus en présence de l’Empereur, leur conférant légitimité et prestige [5].

Le dojo Saineikan après sa reconstruction en 1933 (Copyright https://kenshi247.net/)

En 1923, le grand tremblement de terre de Kanto causa des dommages très importants à la structure du Saineikan, au point que ses activités durent être déplacés dans un lieu temporaire pour une décennie, le temps de reconstruire un nouveau dojo. Ce Saineikan de 1933 est l’actuel dojo.

Depuis sa création en 1881, de nombreux budokas notables ont fréquenté le Saineikan comme enseignants, étudiants ou combattants : on pourra citer par exemple Tesshu Yamaoka, Hakudo Yamaoka, Hakudo Nakayama, Junichi Haga, Kiyoshi Nakakura [6] et, bien sûr, Morihei Ueshiba.

Embu du Jikishinkageryū naginata dans le dojo Saineikan (1930) avec Hideo Sonobe, au ken, 15e soke du style Jikishinkageryū de naginata, et Sachiko Yamauchi au naginata. La princesse Yamauchi devint par la suite la première présidente de la All Japan Naginata Federation

Ueshiba, Takeshita et la Famille impériale

Comment un sensei de Budo provincial prometteur mais obscur finit-il par enseigner à des membres de la Famille impériale comme à des membres de la fine fleur de l’establishement du moment ? Lorsqu’elle explique la formation de Ueshiba et son accès à la notoriété, la majorité de la littérature sur l’aïkido suggère deux piliers principaux à son développement : un martial, Sokaku Takeda, et un spirituel, Onisaburo Deguchi. Le problème avec cette approche est que Morihei serait plus que probablement resté un anonyme martial talentueux et éclairé sans le patronage étendu et continu qu’il reçut de l’amiral Isamu Takeshita.

Morihei Ueshiba fut présenté à Takeshita par le vice-amiral Seikyo Asano. Asano était un disciple de l’Omoto Kyo et rencontra Ueshiba à Ayabe vers 1922 [7] [8] [9]. A Ayabe, Asano commença à s’entraîner en Daito-ryu Aiki Jujutsu avec Takeda et Ueshiba comme premier assistant instructeur de Sokaku. Il fut séduit par les aptitudes de Ueshiba et l’aida à conclure une série de contrats de haut niveau avec la Marine impériale [8]. Plus important, Asano discuta de la valeur de Ueshiba à l’amiral Isamu Takeshita, son ancien camarade de promotion à l’Académie navale impériale et expert en Budo. Asano suggéra que Takeshita visite le complexe de l’Omote Kyo à Ayabe afin de regarder l’un des cours de Ueshiba [7] [8]. L’amiral se rendit à Ayabe depuis Tokyo afin d’assister à un cours dans le dojo de Morihei et fut conquis par le niveau supérieur de ses talents martiaux [8]. A partir de ce moment, Takeshita, qui soutint auparavant Jigoro Kano et Gichin Funakoshi [12], fit de son mieux pour appuyer l’essor du nouvel art de Ueshiba [10].

Assis, deuxième à partir de la gauche, Isamu Takeshita, Morihei Ueshiba avec Kisshomaru, Kosaburo Gejo, Seikyo Asano ; debout, quatrième à partir de la gauche Yoichiro Inoue. Tokyo, vers 1927.

Une fois de retour dans la capitale, l’amiral contacta Gombei Yamamoto – un ancien amiral et deux fois Premier ministre du Japon (1913 et 1923) – et lui recommanda Ueshiba [7] [8] [10]. Une démonstration privée fut donc donnée pour quelques invités triés sur le volet chez Takeshita [8], la première fois que le travail de Morihei Ueshiba sortit du quartier général de l’Omoto Kyo pour être exposé à un public plus général [11]. Par conséquent, un réseau de contacts partageant l’intérêt suscité par la nouvelle méthode de Morihei fut créé, auquel participaient des officiers militaires, des officiels gouvernementaux et de riches hommes d’affaires [8].

L’amiral Yamamoto fut très impressionné par la performance de Ueshiba et l’amena au Palais impérial d’Aoyama [10]. Ueshiba fut chargé d’y donner un stage de 21 jours, à l’intention de membres de la Garde impériale détenteurs au minimum d’un 5e dan en judo ou kendo [7] Après une semaine, cependant, des rumeurs ont commencé à circuler dans le palais sur le fait que Morihei serait un espion de l’Omoto Kyo (le premier incident de l’Omoto Kyo en 1921 était toujours une blessure ouverte) [13]. Ueshiba en fut offensé, fit ses bagages et s’en fut en disant : « je retourne à Ayabe pour reprendre ma vie de fermier » [13].

Ce fut Takeshita qui apaisa la situation, en persuadant Ueshiba de revenir à Tokyo et de reprendre l’enseignement. L’amiral réassura à Morihei que toutes les « incompréhensions » allaient être éclaircies [13]. Entre 1926 et 1927, la demande de cours croissant, Kiyoshi Umeda d’abord [15] puis Ichizaemon Morimura, tous deux riches hommes d’affaires, proposèrent leurs résidences à Tokyo comme dojo temporaires et d’héberger Morihei Ueshiba [7] [15]. En 1927, Ueshiba et sa famille déménagèrent définitivement d’Ayabe à Tokyo. Les étudiants continuèrent à affluer et le dojo dut être déplacé plusieurs fois jusqu’à l’inauguration du Kobukan en 1931 [7]. En plus de l’amiral Takeshita, les disciples de Ueshiba comprenait d’autres amiraux et généraux comme Eisuke Yamamoto, Sankichi Takahashi, Gengo Momotake, Ban Hasunuma et Nobutake Kondo. Morihei commença à enseigner à l’Académie navale impériale (vers 1927-28), l’Académie militaire Toyama (vers 1932-1933), le Collège du personnal militaire et l’Académie de police militaire (vers 1941-1942) [13][16].

Académie Toyama, camp d’été 1931. Morihei est assis à la 8e place à partir de la gauche

En 1939, le Kobukan dojo reçut un statut légal et l’année suivante, la Fondation Kobukai fut officiellement reconnue. L’amiral Isamu Takeshita en fut le premier président [7] [8].

Pendant qu’il enseignait le Budo à l’Académie navale impériale, Ueshiba sensei donna des cours à Nobuhito, le prince Takamatsu. La présence du prince dans l’Académie rendait l’ambiance pour le moins compliquée. Gozo Shioda a raconté l’histoire de sa seule visite à l’Académie navale comme assisant d’Ueshiba sensei [19]. Afin d’éviter d’être impoli envers un membre de la Famille impériale, Morihei avait enjoint à Shioda de faire des chutes plates, afin de ne pas lever les jambes et risquer par là d’heurter le prince ou un autre altesse dans la figure avec ses pieds [19]. Un accident malheureux avait déjà eu lieu : un des étudiants navals avait été apparié avec le prince Takeda, puis avec sa femme, qui s’entraînait également. La princesse avait projeté l’étudiant et son pied s’était élevé, le frappant au front et la blessant, au grand embarras de Ueshiba [22].

A ce moment, plusieurs membres de la Famille impériale avait joint l’Aïki : le prince Takamatsu, le prince Chichibu (frères de l’empereur Hirohito), le prince Higashikuni, le prince Takeda, le prince Rio et le prince Kitashirakawa (membres de branches secondaires de la Famille impériale) [19][22]. Les princes Higashikuni et Rio n’avaient pas d’objection à s’entraîner publiquement au Ueshiba dojo, et Morihei se rendait régulièrement au Palais impérial afin d’enseigner au prince et à la princesse Takeda [19]. Shioda se rappelait avoir accompagné plusieurs Ueshiba sensei au Palais impérial pour prendre l’ukemi de la belle princesse Takeda : « je m’entraînais avec elle en la traitant comme un objet fragile. Lorsqu’elle me touchait même très légèrement, j’essayais de bondir et de chuter aussi loin que possible » [19]. Parmi ces nobles, les princes Higashikuni, Rio et Takeda furent ceux qui pratiquèrent l’Aïki le plus longtemps, à peu près trois ans [19].

Le manuel technique « Budo » de 1938, le deuxième livre publié par Morihei Ueshiba contenant des dessins provenant des séries du Noma Dojo, fut produit comme aide-mémoire pour le prince Kaya Tsunenori (賀陽宮恒憲王), premier cousin de l’impératrice Kōjun [17]. Il fut l’un des étudiants de Morihei vers 1937-38. Il devint par la suite directeur de l’Académie militaire Toyama, où Morihei fut instructeur de Budo, de 1942 à 1943 [18].

L’empereur Hirohito présidant le Tenran-jiai au Saineikan dojo en mai 1934 (Copyright https://kenshi247.net/)

La démonstration impériale d’aïkido

L’empereur Hirohito, au courant de la passion de Takeshita pour l’aîkido, demanda à l’amiral : « Takeshita, vous entraînez-vous toujours à l’aïkido ? » [20]. De ce qui a déjà été écrit, il est clair que l’art de Ueshiba avait attiré l’attention de la Famille impériale au plus haut niveau. Isamu Takeshita essaya de proposer une démonstration privée pour la famille impériale au Saineikan dojo, mais Morihei n’en fut pas spécialement ravi [80]. Ueshiba déclina initialement l’invitation : « En aïkido, le vainqueur est désigné dans l’instant. Il n’y a aucune chance que votre opposant se relève et attaque à nouveau. S’il le fait, tout est faux. Je ne peux montrer de techniques erronées à la Famille impériale » [13] [21].

Morihei Ueshiba et Isamu Takeshita voyageant ensemble par train (Copyright Aikido Sangenkai)

Les commentaires de Morihei vinrent aux oreilles de l’Empereur, qui en apprécia l’honnêteté et demanda donc à voir une démonstration dans un format habituel [13]. L’amiral suggéra que Morihei démontre à la Famille impériale ses « mensonges ». Au final, l’insistance de Takeshita parvint à convaincre Morihei, qui ne put se défiler plus et accepta donc de démontrer son Aïki au Saineikan (1941) [8].

Cependant, quand le jour de la démonstration arriva, Morihei Ueshiba était assez sérieusement malade de la jaunisse [8] [21]. Il était périodiquement sujet à des problèmes de foie depuis que, jeune homme, il buvait de grandes quantités d’eau de mer suite à un pari [14]. Dans les dix jours précédant la manifestation impériale, il n’avait pu boire que de l’eau et avait des épisodes de vomissements importants l’ayant conduit à la déshydratation [13]. Mais il ne pouvait pas annuler : le jour de la démonstration, il était si fragile que ses étudiants durent l’aider à marcher de la voiture jusqu’au Saineikan dojo, puis à s’habiller dans son uniforme d’entraînement [13][21].

Ueshiba sensei était accompagné pour la démonstration impériale par deux de ses deshi de confiance, Tsutomu Yukawa et Gozo Shioda [21]. Si l’histoire de Shioda, par la suite célèbre fondateur du Yoshinkan Aikido, est bien connue, celle de Tsutomu Yukawa l’est moins. Il faisait partie des étudiants séniors du Kobukan et était le favori de Ueshiba [23]. Il était auparavant l’un des principaux étudiants de Jigoro Kano, 3e dan quand Kano l’envoya au Kobukan avec la mission suivante : « va et vole ce que tu peux de l’aïkijutsu de Ueshiba ! »[24]. Le plan échoua, puisque Tsutomu quitta le Judo et le Kodokan pour se consacrer l’Aikido. Ueshiba appréciait ses qualités et sa puissance physique inhabituelle [24]. Yukawa n’avait ainsi aucun souci pour soulever un mortier de moulin d’une main sur son dos [19] et pouvait plier un clou de 5 pouces à mains nues. Lorsque Kisshomaru Ueshiba eut une pleurésie en 1941, Tsutomu Yukawa le porta jusqu’à l’hôpital dans ses bras. Morihei avait confiance en Tsutomu, et lui fit épouser sa nièce Kiku [25]. Il remplaçait en son absence Ueshiba pour plusieurs de ses cours à Osaka, dont le Club Sumimoto, le journal Asahi ou le Département de police [7][19]. Yukawa pris l’ukemi pour le film Asahi News tourné en 1935 à Osaka [15]. Un an seulement après la démonstration du Saineikan (juillet 1942), Tsutomu Yukawa perdit tragiquement la vie durant une bagarre de bar, poignardé par le coup de baïonnette d’un soldat [23].

Tsutomu Yukawa

Avant de parvenir au Saineikan, Yukawa et Shioda étaient très inquiets sur ce qu’ils pouvaient voir de la condition physique de Morihei : « comment est-il possible de faire une démonstration dans cet état ? Il n’y survivra pas » [13]. Lorsqu’ils arrivèrent et que Ueshiba aperçut a Famille impériale à quelque distance, il trouva soudain en lui une réserve incroyable d’énergie et de résolution, et fut en totale capacité de jouer son rôle [13][21]. Shioda admit avoir été totalement stupéfié par ce changement en Ueshiba et le lia au fait que son maître était un véritable artiste martial, toujours capable de donner le meilleur de lui-même quelles que soient les conditions externes [21].

L’empereur Hirohito n’était pas présent pour cette démonstration et fut représenté par ses plus jeunes frères, les princes Mikasa, Takamatsu et Chichibu. L’amiral Takeshita prit le rôle de présentateur et décrivit ce qui était en train d’être montré [22].

The enbu started with prolonged and remarkable formalities as a show of respect for the royals. To demonstrate before the Imperial family was a huge honour and everything had to be perfect and proper [21] [22]. The allocated time for the enbukai was forty minutes, Yukawa was going in as a first assistant and Shioda should have followed for the second twenty-minute slot [21]. 

Lorsque la démonstration impériale débuta, Tsutomu se leva et fit face à Morihei Ueshiba. Cependant, il avait mal évalué la situation et décidé d’attaquer Morihei sans totale intention, en raison de la mauvaise condition physique de son professeur quelques minutes auparavant, et ce afin de le protéger [8][21][22]. En présence de la Famille impériale, au contraire, Morihei Ueshiba était dans l’optique la plus martiale possible. Yukawa fut projeté à la vitesse de l’éclair et se réceptionna tant bien que mal. Il resta sur le tapis, incapable de se relever [21]. Gozo Shioda s’en approcha et constata que son épaule était disloquée [8] [13] [21] [22].

Gozo Shioda prenant l’ukemi pour Ueshiba sensei dans l’un des photos des séries du Noma dojo

Shioda le remplaça et prit l’ukemi pour Morihei le reste de l’embukai. Ayant retenu la douloureuse leçon de l’erreur de jugement de Yukawa, Gozo attaqua son professeur de toute sa force, atterrissant et se relevant le plus vite possible pour ré-attaquer. Les techniques d’immobilisation lui offraient un succédané de répit ; Néanmoins, Shioda eut à utiliser toutes ses ressources physiques et mentales pour appuyer la plus importante démonstration jamais faite par son professeur en attaquant sans quartier pendant quarante minutes pleines [21].

Bien que cette démonstration impériale fut une exhibition frappante du Budo de Ueshiba [8], Morihei, Yukawa et Shioda en eurent de fortes fièvres en raison des conditions extrêmes subies et durent garder le lit pendant une semaine [21][13].

Dans un laps de temps d’un peu plus d’un an par la suite, la Deuxième guerre mondiale étant à son apogée, l’ensemble des personnes impliquées dans cette démonstration eurent à traiter des affaires plus importantes. L’ère d’avant-guerre de l’Aïkido était sur le point de s’achever.

Copyright Simone Chierchini ©2020
Tous les droits sont réservés. Toute reproduction non expressément autorisée est strictement interdite

Traduction : Emmanuel Betranhandy ©2020

Notes

[1] -, The Imperial Palace, The Imperial Household Agency, (-) https://www.kunaicho.go.jp/e-about/shisetsu/kokyo.html Retrieved 31/08/2020

[2] -, Imperial Palace, wdic.org, (2010) https://www.wdic.org/w/CUL/%E7%9A%87%E5%B1%85 Retrieved 27/08/2020

[3] Mueller Dennis C., The Oxford Handbook of Capitalism, Oxford University, 2012

[4] -, Deceased Members and Former Members of the Imperial Family, (-) http://www.oocities.org/jtaliaferro.geo/ Retrieved 02/09/2020

[5] Gainty Denis, Martial Arts and the Body Politic in Meiji Japan, Routledge, 2013

[6] Tokyo Musha-Shugyo, Kenshi 24/7, 2015 
https://kenshi247.net/blog/2015/08/06/tokyo-musha-shugyo/ Retrieved 01/09/2020

[7] Ueshiba Kisshomaru, Aikido, Hozansha Publications, 1985

[8] Pranin Stanley, Morihei Ueshiba and Admiral Isamu Takeshita, Aikido Journal, (-) https://web.archive.org/web/20140811184650/http://www.aikidojournal.com/article.php?articleID=72 Retrieved 29/08/2020

[9] Pranin Stanley, Kobukan Dojo Era – Part 1, Aikido Journal, 2014 https://aikidojournal.com/2014/12/10/kobukan-dojo-era-part-1/ Retrieved 29/08/2020

[10] Pranin Stanley, Interview with Kisshomaru Ueshiba – Part 1, Aikido Journal, 1983 https://web.archive.org/web/20071122022633/http://www.aikidojournal.com/article?articleID=535 Retrieved 30/08/2020

[11] Pranin Stanley, Interview with Kisshomaru Ueshiba: The Early Days of Aikido, Aikido Journal, 1988 https://web.archive.org/web/20071121232315/http://www.aikidojournal.com/article?articleID=445 Retrieved 31/08/2020

[12] Ciechanowicz Bartosz, O’Sensei Morihei Ueshiba: The Samurai in the Service of Peace, Independently Published, 2020

[13] Stevens John, Abundant Peace: The Biography of Morihei Ueshiba, Founder of Aikido, Shambala, 1987

[14] Pranin Stanley, The Kobukan Dojo Era – Part 2, Aikido Journal, 2002 http://aikidojournal.com/2002/11/18/kobukan-dojo-era-part-2/ Retrieved 31/08/2020

[15] Erard Guillaume, History of the Aikikai Hombu Dojo, Guillaume Erard, 2016 https://guillaumeerard.com/aikido/articles-aikido/history-of-the-aikikai-hombu-dojo/ Retrieved 26/08/2020

[16] -, Interview with Morihei Ueshiba and Kisshomaru Ueshiba, Aikido Journal, 1957 https://aikidojournal.com/2016/09/24/interview-with-morihei-ueshiba-and-kisshomaru-ueshiba/ Retrieved 01/09/2020

[17] Pranin Stanley, Hidden Before our Eyes – Decoding Morihei Ueshiba’s Technical Evolution, Aikido Journal, (-) http://members.aikidojournal.com/hidden-before-our-eyes-decoding-morihei-ueshibas-technical-evolution-by-stanley-pranin/ Retrieved 03/09/2020

[18] Pranin Stanley, in Saito Morihiro, Takemusu Aikido Special Edition (Vol. 6), Aikido Journal, 2012

[19] Shioda Gozo, An Aikido Life: Part VIII, Aikido Journal, 1985 https://aikidojournal.com/2003/10/01/an-aikido-life-08/ Retrieved on 16/08/2020

[20] Pranin Stanley, Takako Kunigoshi – The Dainty Lady Who Lit Up Morihei Ueshiba’s Kobukan Dojo, Aikido Journal, 1981 http://aikikaibucaramanga.blogspot.com/2012/04/entrevista-takako-kunigoshi-primera.html Retrieved on 10/08/2020

[21] Shioda Gozo, An Aikido Life: Part II, Aikido Journal, 1985 https://aikidojournal.com/2004/11/04/an-aikido-life-02/ Retrieved on 16/08/2020

[22] Pranin Stanley, Interview with Gozo Shioda, Aikido Journal, 1992 https://aikidojournal.com/2003/04/04/interview-with-gozo-shioda/ Retrieved on 31/08/2020

[23] Yamanaka Hideo, Pranin Stanley, Interview with Swordmaster Kiyoshi Nakakura, Aikido Journal, 1987 https://aikidojournal.com/2015/06/08/interview-with-swordmaster-kiyoshi-nakakura-1/ Retrieved on 27/08/2020

[24] Shioda Gozo, Aikido Shugyo – Harmony in Confrontation, Shindokan Books, 2002

[25] Pranin Stanley, Interview with Kisshomaru Ueshiba Aikido Doshu, Aikido Journal, 2004 https://aikidojournal.com/2004/07/02/interview-with-kisshomaru-ueshiba-aikido-doshu/ Retrieved on 31/08/2020


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